Lanceurs d’alerte au Lycée Albert Camus de Rillieux la Pape : Des éléments nouveaux particulièrement scandaleux

Communiqué SUD / CGT

Rappel des faits antérieurs :


L’ensemble des AED du Lycée Camus-Sermenaz de Rillieux n’ont pas été
renouvelés à la rentrée 2020. 2 CPE ont été victimes d’une mutation d’office en
mars 2021.


Ces mesures de rétorsion, précédées d’une dégradation des conditions de travail
de ces personnels ont fait suite au signalement par un AED et par les 2 CPE de
gestes déplacés de la part d’un personnel de l’établissement. Ces signalements
ont été faits d’abord en interne, puis auprès du procureur de la république.
Une enquête est en cours. Les AED non renouvelés et les CPE mutés ont formulé
un recours contre ces décisions, la procédure administrative est également en
cours.


Nos organisations syndicales rappellent la nécessité de protéger les lanceurs
d’alerte, et dénoncent des sanctions déguisées, qui sont un très mauvais signal
envoyé en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.


Des faits nouveaux particulièrement scandaleux


Le 1er juillet 2020, les organisations syndicales étaient en audience au rectorat
pour demander des explications face à la décision incompréhensible de non-
renouvellement du contrat des AED du lycée Camus-Sermenaz.
En préparation de cette audience, la cheffe d’établissement du lycée a rédigé un
document à destination des services rectoraux prétendant justifier ce non-
renouvellement par des « agissements » que l’équipe conteste, avec les
« arguments » suivants : « [les] agissements [de l’équipe non renouvelée] ont été
mis à jour par un [autre] AED recruté cette année qui a informé la direction du
système vie scolaire mis en place par les CPE (…) A la suite de ces révélations,
cet AED a dû démissionner suite aux pressions exercées par l’ensemble des AED
et des CPE à son encontre pour avoir parlé à la direction. Il a refusé d’écrire à ce
sujet » (sic).Parmi les « agissements » allégués pour justifier ce non renouvellement de
l’ensemble de l’équipe :
1/ le fait d’avoir bénéficié d’une caisse de grève syndicale…, ce qui représente
une scandaleuse discrimination syndicale…
2/ et des modifications d’emploi du temps !
Or les faits sont bien différents : les CPE ont demandé à la direction le
renouvellement de la période d’essai de l’AED finalement démissionnaire, suite à
un comportement peu professionnel de sa part. La direction a refusé cette
demande.


Les CPE ont rédigé et transmis un rapport à la proviseure alertant sur le
comportement déplacé de ce personnel envers les élèves. Dans ce rapport ils
notifient leur incompréhension de ne pas être écoutés par la direction concernant
les remontées sur cet AED. Il semble que ce rapport n’ait pas été pris en compte
par le rectorat puisqu’il a pu retrouver un emploi comme assistant d’éducation
dans un autre établissement suite à sa démission.
En mars 2021, cet AED était suspendu, suite à des faits graves ayant fait l’objet
d’une plainte de la part d’une élève dans son nouvel établissement. Le 18 mai
2021, cet AED passait en CCP disciplinaire, et il a été licencié en date du 31 mai
2021 pour faute lourde.


La direction de Camus-Sermenaz, avec l’aval du rectorat de Lyon a ainsi d’un
côté sanctionné 10 AED et 2 CPE qui ne faisaient que leur travail de protection
des élèves. Elle a ajouté à la répression contre des lanceurs d’alerte la répression
syndicale. De l’autre, elle a cautionné un personnel dont le comportement envers
les élèves a été tellement inapproprié par la suite qu’il a conduit à un licenciement
pour faute lourde.


Nos organisations syndicales CGT Education du Rhône, SUD Education du
Rhône demandent donc de nouveau :
_ L’ouverture d’une enquête ministérielle sur le traitement des alertes au Lycée
Camus
_ Le dédommagement des AED licenciés
_ L’annulation de la mutation d’office des CPE lanceurs d’alerte