MANIFESTATION CONTRE LES CRA ET TOUTES LES PRISONS EN SOUTIEN AUX PRISONNIÈR·ES

Samedi 12 Février, 14h , Place Bellecour


Le contexte électoral actuel, saturé par les mots d’ordre des extrêmes droites, renforce et légitime encore plus que d’habitude les discours sécuritaires. La répression policière et les violences d’État ne cessent d’augmenter; notamment envers les classes populaires, les personnes racisées, et les personnes sans-papiers.

L’État dépense des millions pour le surarmement de sa police, la multiplication des contrôles et des rafles, la répression des mouvements sociaux, le développement des technologies de surveillance et la construction de nouveaux lieux d’enfermement.
En prison, un·e détenu·e meurt tous les trois jours en France pour des causes multiples : suicide, passage à tabac, refus d’assistance médicale… Les prisons sont au coeur d’un système pénal injuste, classiste et raciste. Sous prétexte d’assurer la protection de la population, elles isolent et traumatisent ceux et celles qui y sont condamnées. Les prisons n’ont aucune visée transformatrice. Bien au contraire, elles
répètent et perpétuent les inégalités et marginalisations de nos sociétés.

Le maintien de l’ordre et le système punitif sont tous deux fermement ancrés dans le racisme comme le démontrent les récentes lois islamophobes, la gestion néocolonialiste des quartiers populaires, la surreprésentation des personnes racisées dans les prisons et la criminalisation des sans-papiers, dans et hors des CRA. Les Centres de Rétention Administrative sont des prisons où l’État enferme jusqu’à 90 jours les personnes qu’il considère comme irrégulières sur le territoire français parce qu’elles n’ont pas les
« bons » papiers selon l’Etat français.
Prisons et CRA s’entretiennent mutuellement; ils s’inscrivent dans la boucle infernale des rafles, des chasses à l’homme, des contrôles au faciès et des politiques migratoires.
A l’intérieur des 25 CRA et des 187 établissements pénitenciers en France, les violences sont quotidiennes: policières, médicales et administratives, elles sont invisibilisées et visent à marquer les corps et les esprits afin de les soumettre et de les discipliner.
Face à cette situation, les luttes à l’intérieur sont permanentes et prennent de multiples formes : grèves de la faim, refus de promenade, blocages de chambres, automutilations, incendies… Ces derniers temps, de nombreux mouvements de révolte ont éclaté dans les CRA (Paris, Lyon et Lille) et les prisons (Uzerche, Longuenesse, Toul-Ecrouves et Grasse) pour dénoncer l’absence de mesures face à la crise sanitaire, et
revendiquer ainsi la libération immédiate de toustes les prisonnièr·es.
Avec les différents projets de construction, de rénovation et d’extension des CRA et des prisons, le nombre de places d’enfermement ne cesse d’augmenter, alimentant ainsi le business de beaucoup d’entreprises privées et d’associations qui se font du fric sur le dos des prisonnièr·es. A Lyon, un nouveau CRA, situé près de l’aéroport de Saint-Exupéry, a ouvert le 17 janvier, et a doublé la capacité d’enfermement dans la région Rhône-Alpes-Auvergne.

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