Suite aux annonces de reprise au 11 mai, Sud Éducation Rhône se prend bien la tête, discute, débat... et partage !

mercredi 29 avril 2020

Les faits :

sur la situation sanitaire
L’épidémie en cours : la propagation exponentielle du virus, l’immunité en doute, l’expérience des autres pays (reprise de l’épidémie là où on pensait l’avoir endiguée), les faux-débats autour de molécules, la recherche réellement scientifique
Le manque de matériel et de structures sanitaires partout, la pénurie de médicaments
le nombre de morts actuel, la politique des chiffres
Et les limites actuelles du système hospitalier.
sur les politiques
Mensonges grossiers dans tous les domaines (politiques, économiques, épidémiologiques), flous intentionnels (sur la situation actuelle et à venir) et injonctions contradictoires (dans notre branche en particulier), tout va dans le sens de l’économie des puissants sans considération pour le reste.

Du coup, nous sommes confiné.e.s pour endiguer l’épidémie. Mais le confinement actuel, c’est quoi ?

1/ conséquences économiques : ce sont les petits commerces, les indépendant-es... qui ferment et les grosses boites continuent à fonctionner, même sans rapport avec la nécessité ; obligation d’utiliser ses congés, de passer en chômage partiel, les plus précaires sont laissé.e.s dans la misère, seul·e.s ou mal accompagné·e.s
prévisions de « rattrapage » de la crise par celleux d’en bas (60h, dates des congés décidés par l’employeur, inspections du travail privées d’accès...).
2/ conséquences psychologiques : enfermement et solitude, paranoïa et peur des interactions, les médias "classiques" comme seules fenêtres sur le monde, alcoolisme, violences faites aux enfants et aux femmes accrues par le confinement
3/ conséquences liberticides : l’attestation obligatoire pour chaque déplacement, les activités limitées, la contestation coordonnée est éliminée (manifs et rassemblements interdits, interfaces numériques comme seuls outils de contestation et de coordination), l’expression publique est maîtrisée par les politiques et les médias (donc critique réelle quasi inexistante), surveillance renforcée (drones, application téléphone, flics partout surtout dans les quartiers populaires et sur le dos des populations racisées (encore pire qu’avant le confinement, en mode « pas de témoin »))

Toutes ces conséquences pourraient être évitées, par des choix politiques simples (même s’ils ne font pas partie de la panoplie envisagée par le gouvernement et le patronat), et ainsi d’autres formes de confinement auraient été possibles.
Ce confinement ne semble être qu’une excuse du gouvernement pour attaquer à nouveau les populations les plus fragiles et les plus contestataires : commencé tard, selon des principes économiques avant d’être sanitaires, et arrêté du jour au lendemain sans logique sanitaire.

La reprise le 11, quels sont les arguments pour, les arguments contre ?

Certes, ce confinement de merde doit s’arrêter, pour permettre aux précaires, indépendant-es, artisan-es, ou salarié-es de SCOP ou de TPE ou PME de ne pas couler, entre autres, mais également pour reprendre une vie sociale et psychologique acceptable (activités de loisir, activité sportive, revoir sa famille, ses ami.e.s), et peut-être ainsi augmenter l’immunité collective.
Dans l’éducation, le besoin est immense de retrouver un lien réel avec les élèves, de faire à nouveau classe, et de redonner cet élément vital qu’est l’école notamment pour nos élèves confronté.e.s à la misère, à la violence, à la faim, à la promiscuité, à la rareté de toute source d’émancipation intellectuelle et culturelle.

Néanmoins, nous savons pertinemment que la reprise – telle qu’elle est prévue, en commençant par l’ouverture des établissements scolaires des plus jeunes – est purement et simplement la relance de l’épidémie. Et cela va impliquer le débordement rapide des capacités hospitalières (voir pour cela l’avis du conseil scientifique du 20 avril 2020, resté volontairement inaccessible au public avant la publication d’une note sur une mise en application de la reprise, mais les deux documents sont très explicites sur ce qu’implique la réouverture des établissements scolaires du point de vue sanitaire)
Les familles qui n’ont pas le choix du télétravail ou de la garde d’enfants sont largement celles des classes populaires et les plus fragiles économiquement (notamment du fait de la suppression de l’aide financière pour garde d’enfant.s à partir du 1er mai 2020), qui seront donc les 1ères massivement malades. C’est ainsi faire porter le poids des contaminations intrafamiliales aux enfants étant retourné.e.s en classe, notamment les plus jeunes souvent porteurs sains, en incapacité de tenir les gestes barrière.

Dans l’éducation comme ailleurs, depuis le début, nous croulons sous les injonctions larges et floues, souvent contradictoires, dont l’application n’est pas possible ou pas rendue possible. Dans l’éducation, c’est encore la part belle à la culture habituelle du bricolage avec des impératifs de distanciation sociale qui rendent compliquées voire impossibles nombre de pratiques pédagogiques efficaces. Mais surtout, la réouverture va impliquer la responsabilité, dans cette 2è vague, des personnes qui vont tenter une application même « au mieux ».
Nous savons que dans nombre d’établissement, leur réouverture en cette période d’épidémie signifie le débordement des capacités humaines des établissements scolaires en terme d’encadrement des élèves, mais également de désinfection des locaux/sanitaires/matériels pédagogiques. Dans les conditions annoncées, il est impossible en tant que professionnel.le.s de respecter les mesures préconisées.
Côté élèves, c’est pire : pour les plus jeunes, soit celles et ceux qui retourneront en 1er à l’école, il est impossible de respecter les gestes barrières et la distanciation sociale.

Aux conditions de travail des personnels de l’éducation, dénoncées depuis toujours, sur l’absence de médecine du travail, les locaux exigus, le nombre de sanitaires insuffisants... va s’ajouter l’absence de matériels sanitaire spécifique efficaces : masques FFP2, gel, tests systématiques des personnels et des élèves. Et à nouveau, il va falloir conjuguer le télétravail avec le présentiel, démultipliant le temps de travail d’une journée.

Nos revendications depuis toujours

Dans l’éducation, où le ministre et le gouvernement viennent de découvrir qu’il existe des inégalités et une forte reproduction sociale, Sud Éducation n’a pas attendu la crise du COVID pour dénoncer les choix économiques dans le monde de l’éducation, et a toujours revendiqué plus demoyens humains et matériels, dans l’objectif d’une école émancipatrice, avec des revendications générales et spécifiques (conditions de travail, RASED...)

Au niveau politique, il aurait été pourtant simple d’agir pour lutter contre le débordement des systèmes hospitalier, en réquisitionnant voire nationalisant des entreprises-clefs pour réorienter de leurs productions sur du matériel sanitaire (masques, gel, tests, respirateurs, lits de réa...). L’implication économique du confinement pourrait aussi épargner les petites structures et les travailleurs et travailleuses précaires, en prenant les richesses produites pour les répartir plus équitablement.
À Sud Éducation, partie prenante de l’Union Syndicale Solidaires, notre objectif collectif est de jouer dans le rapport de force afind’imposer d’autres choix de société, et de montrer qu’un autre modèle économique est possible, basé sur une réelle solidarité et une juste répartition des richesses.

Nos revendications actuelles

Il n’est plus question de douter sur les choix faits par le gouvernement sur le retour des élèves les plus jeunes d’abord, alors que la Belgique et le Luxembourg, par exemple, ont fait le choix inverse en commençant par les plus âgé.e.s. Et dans la même logique où l’économique (des grosses entreprises) prime sur la santé, les conditions sanitaires de la reprise ne sont pas acceptables et les conditions de travail qui vont en découler sont catastrophiques (responsabilité des conditions sanitaires, réinvention de nos pratiques et outils pour des demi-classes sans contact physique ni matériel, démultiplication des tâches de nettoyage et désinfection, cumul télétravail et travail en classe...). Une reprise dans ces conditions n’est pas possible.

Plus largement, notre système de santé a été volontairement démoli, il est urgent de le reconstruire durablement : https://www.sudeducation.org/Halte-a-la-pauperisation-et-la-marchandisation-du-systeme-de-sante-La-depense.html
Retrouvez toutes les revendications de l’Union Syndicale Solidaires, pour pousser l’émergence d’un autre modèle social basé sur la solidarité et l’entraide plutôt que la concurrence et le capitalisme :
https://solidaires.org/Le-coronavirus-et-le-capitalisme-deux-epidemies-a-combattre-19573

Nos outils : droit d’alerte, droit de retrait, grève

Fiche pratique de la fédération de Sud Éducation :
https://www.sudeducation.org/Reouverture-des-ecoles-et-etablissements-comment-exercer-son-droit-de-retrait.html
Et dans les cas où le droit de retrait nous serait contesté, la fédération a également déposé un préavis de grève qui couvre largement cette "rentrée".


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